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La Miviludes veut l´impunité !

13/10/2011

 

Les dictatures n´aiment pas la justice, la démocratie et leurs contraignantes obligations. C´est vrai, quoi, devoir argumenter et prouver que ce qu´on dit est vrai ; écouter la version des faits de ceux que l´on dénigre ; ne plus pouvoir mentir, etc, c´est quand même bien pénible ! La Miviludes déteste tellement la contradiction qu´elle parvient à s´exonérer des règles du jeu démocratique pour obtenir l´impunité.

 


Sans rire (mais en souriant) et sans honte, Georges Fenech clame sur la page d´accueil
de son site :
« Composée d’experts attachés au respect des valeurs républicaines et
des droits fondamentaux… »

La Miviludes, instance officielle de discrimination des minorités thérapeutiques et spirituelles, dont la politique d´incitation à la haine fait condamner la France pour "violation des droits de l´homme", en a marre de devoir s´expliquer devant la justice. Elle a donc réussi à faire voter une disposition (qu´elle réclamait depuis longtemps) qui la dispense de respecter les principes démocratiques et lui permettra de calomnier en toute impunité si le projet est confirmé par le Sénat.


En effet, l´Assemblée nationale a achevé dans la nuit de mercredi 12 à jeudi 13 octobre 2011 l´examen de la proposition de loi UMP de "simplification du droit des entreprises", dans lequel figure cette disposition : « Un amendement de Philippe Vuilque (PS) a été adopté visant à protéger judiciairement les membres de la mission interministérielle de lutte et de vigilance contre les sectes (Miviludes) en raison des "opinions qu´ils émettent dans leur rapport annuel". »

 

Exposé des motifs

 

« La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a notamment pour mission d’informer le public sur les risques et le cas échéant les dangers auxquels les dérivent sectaires l’exposent et de faciliter la mise en œuvre des actions d’aide aux victimes. Elle établit notamment à cette fin un rapport au Premier ministre qui est rendu public.

 

Ce rapport est régulièrement l’occasion, pour les mouvements visés, de dénoncer l’action de la Miviludes, de proférer, contre l’institution et ses membres, des propos violents, insultants et diffamatoires. Son Président est tout spécialement visé sur les sites internet, dans des courriers et publications ou encore lors de conférence.

 

Cette stratégie de déstabilisation prend également la forme de poursuites judiciaires diligentées tout spécialement à l’encontre du Président de la Miviludes et de son secrétaire général. L’objet de ces poursuites est moins d’obtenir une condamnation (aucune d’entre elles n’a été prononcée jusqu’à présent) que de jeter l’opprobre et le doute sur l’honnêteté des travaux de l’ensemble de l’institution quitte à encombrer systématiquement les tribunaux par des procès longs menés jusqu’en Cour de cassation.

 

Il est donc proposé de faire bénéficier les membres de la Miviludes de la même protection que celle dont jouissent déjà certaines Autorités indépendantes telles que le Défenseur des droits, le Contrôleur général des lieux privatifs de libertés. Les conditions de travail de la Miviludes en sortiraient simplifiées et apaisées. »

 

Retournons donc au bon vieux temps où l´autorité n´avait pas à se justifier, prétendons agir au nom du bien et des faibles et sus aux empêcheurs de penser en rond !

 

Comme le public et la presse ne manqueront pas d´applaudir à cette liberté officielle de nuire sans rendre des comptes, la France s’enfonce encore un peu plus dans le viol institutionnalisé, "républicain", de la liberté de conscience.

 

En toute bonne conscience… Et dans le silence complet des défendeurs des droits de l´homme et des indignés.

 

Le texte doit encore être approuvé par le Sénat dont les bonnes âmes appuieront certainement la pertinence de ce recul démocratique puisqu´il s´exerce contre les méchantes "sectes".

 

Cela dit, la Miviludes aurait un moyen beaucoup plus simple d´apaiser les tensions, ce serait d´inscrire le "contradictoire" dans son rapport annuel, comme le fait par exemple la Cour des comptes quand elle donne ses avis sur les budgets des institutions publiques, celles-ci pouvant réagir aux avis de la Cour. Le refus systématique d´entendre les groupes qu´elle accuse dans ses rapports et l´absence totale de procédure contradictoire et de possibilité de rectification, contraires aux principes fondamentaux de notre démocratie, ne peuvent qu´encourager de légitimes protestations et des reproches de totalitarisme.

 

D´ailleurs, à l´époque où une polémique avait ressurgi à propos de l´élaboration d´une nouvelle liste noire des "sectes", M. Fenech avait tenté de calmer le jeu : « Il me paraît indispensable de constituer des dossiers de référence établis à partir des signalements dont nous sommes saisis, lesquels doivent intégrer les observations des mouvements incriminés dans le respect du principe du contradictoire », expliquait-il dans un entretien au Courrier des maires en mai 2009.

 

Promesse qu’il s’est bien gardé de tenir, préférant se rendre légalement intouchable.

 

(En passant, je ne savais pas que la Miviludes était une "entreprise"... Le texte adopté serait donc en fait un "cavalier" qu´il aurait été bien difficile de faire adopter en d´autres circonstances.)

 

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